Comparée à celle d’autres pays en développement, la population vietnamienne bénéficie d’un niveau d’éducation relativement élevé. Autrefois, le système éducatif du Vietnam a été marqué par plusieurs cultures, notamment par les influences chinoise et française.
L’éducation au Vietnam sous la domination chinoise
Au Vietnam, les premiers élèves furent principalement instruits par le clergé bouddhiste. Toutefois, les 1000 ans de domination chinoise ont profondément marqué le système éducatif du pays. Cette influence se manifesta notamment par les premiers concours destinés à recruter les hauts fonctionnaires mandarins. Le premier concours de ce type fut organisé en 1075. Avec leur mise en place, l’enseignement confucéen remplaça officiellement celui dispensé par le clergé bouddhiste.
Dans la seconde moitié du 11e siècle, un Collège national fut créé pour former les fils de la famille royale et des hauts dignitaires, marquant ainsi les débuts de l’enseignement confucéen au Vietnam. En 1252, l’établissement ouvrit également ses portes à des élèves issus d’autres milieux que la royauté et les familles de fonctionnaires.
Au début du 15e siècle, de nombreuses écoles confucéennes étaient implantées dans les principaux centres du pays. À cette époque, l’éducation devint l’un des idéaux les plus valorisés. Seuls ceux qui réussissaient les concours mandarinaux pouvaient espérer obtenir un poste dans l’administration ou accéder à d’autres distinctions. Les lettrés jouissaient ainsi d’un immense respect.
L’influence française sur l’éducation
Avant l’arrivée des Français, le Vietnam avait été administré pendant environ 2,000 ans selon l’ancien système mandarinal. Lorsque les Français prirent en main l’administration du pays, le modèle confucéen fut progressivement remplacé par un système d’inspiration occidentale.
Pour intégrer la fonction publique sous l’administration française, les Vietnamiens devaient s’adapter au système français et maîtriser la langue française. Ils devaient également bien connaître la nouvelle écriture romanisée du vietnamien, qui remplaçait les caractères chinois traditionnels utilisés depuis des centaines d’années.
Pendant un certain temps, les Français autorisèrent la coexistence de cette tradition avec leur propre système. Au début de 1900, l’ensemble du système fut réorganisé autour de trois niveaux d’enseignement : élémentaire, primaire et secondaire (au hoc, tieu hoc et trung hoc). Le Quoc Ngu, transcription romanisée de la langue parlée, fut également intégré au programme. L’apprentissage par cœur, la discipline en classe et d’autres méthodes pédagogiques françaises occupaient une place importante. De nombreuses écoles et institutions d’enseignement supérieur furent créées. Le français devint alors une deuxième langue essentielle pour les élèves.
L’enseignement au cours des dernières années
Après avoir été influencées par les modèles chinois et français, les écoles vietnamiennes ont ensuite été marquées par le système américain. Certains éléments propres à chacune de ces cultures ont néanmoins été conservés.
Parallèlement aux établissements publics, de nombreuses écoles privées ont vu le jour et proposent notamment des cours d’anglais. Il est courant d’y voir des Vietnamiens de tous âges suivre des enseignements extrascolaires.
Il existe également des écoles privées administrées par des communautés religieuses et diverses organisations, dont certaines sont françaises. Ces établissements ont longtemps fait l’objet d’un contrôle étroit et doivent respecter les normes fixées par le gouvernement sud-vietnamien.
Au fil des années, le système éducatif vietnamien s’est incontestablement amélioré et s’est rapproché de celui des pays développés.
