Le “danh du” (jeu de la balançoire) est une tradition des fêtes villageoises vietnamiennes depuis des siècles.
Ce jeu est particulièrement populaire dans le delta du Nord, notamment le long des rives de la rivière Duong, dans la province de Bac Ninh. Dans de nombreux villages autour de Hanoï, y compris l’ancienne capitale de Co Loa, des balançoires sont également installées à l’occasion des fêtes du printemps.
Le “Dai Viet su ky toan thu”, ouvrage retraçant l’histoire complète du Dai Viet, indique : “Sous la dynastie des Ly, au printemps ou durant le premier mois lunaire, les garçons et les filles se réunissaient pour pratiquer ce jeu.” Les villageois construisent généralement leur balançoire dans une rizière sèche, après la récolte, près de la maison communale. L’espace doit être suffisamment vaste pour que les spectateurs puissent se tenir tout autour.
Les balançoires et les jeux qui leur sont associés se déclinent en de nombreuses formes. Au Vietnam, la version la plus répandue comporte toutefois une plateforme en bois plutôt qu’un simple siège. Une ou deux personnes se tiennent debout sur cette plateforme et se propulsent très haut dans les airs, parfois à plusieurs dizaines de mètres, jusqu’à ce que leur corps soit presque parallèle au sol. Leur objectif : attraper un prix suspendu au sommet de la structure.
Le matériel nécessaire
La structure de la balançoire est fabriquée en bambou robuste. Les poignées sont elles aussi en bambou, choisi bien droit, sans nœuds et assez large pour tenir confortablement dans la paume. La plateforme doit être suffisamment proche du sol pour que les joueurs puissent y monter facilement.
Pour garantir la sécurité, les constructeurs doivent sélectionner le bon bambou : le bambou jeune est fragile, tandis que le bambou trop vieux manque de souplesse et risque de casser. Une fois la structure terminée, ils la scellent avec du papier et invitent un ancien du village à en vérifier la solidité. Si elle répond à ses exigences, celui-ci retire le sceau. Un tambour résonne alors. Il joint les mains devant sa poitrine, s’incline devant les villageois et ouvre officiellement le jeu au nom de la communauté.
Comment jouer au jeu de la balançoire
Les participants doivent être élégamment et soigneusement vêtus. Les garçons portent une ceinture rouge, tandis que les filles revêtent une ceinture verdâtre sur leur robe traditionnelle à quatre pans (“ao tu than”), ainsi qu’un foulard pour maintenir leurs cheveux en place. Souvent, un garçon et une fille se balancent ensemble.
Le couple monte d’abord sur la plateforme et se place face à face. Les deux joueurs prennent ensuite appui sur le sol de la plateforme en pliant les genoux. Peu à peu, la balançoire se met à osciller comme un pendule. Plus ils poussent fort, plus elle s’élève, comme le décrit un poème de la poétesse du XIXe siècle Ho Xuan Huong :
“Le garçon plie les genoux
La fille arque le dos
Les quatre pans rouges de sa jupe s’envolent
Deux lignes parallèles de jambes tendues”
Au point culminant de leur élan, les deux joueurs semblent presque allongés l’un sur l’autre. La foule les encourage avec ferveur. Dès que le couple atteint son point le plus haut, l’un des deux tend la main pour tenter d’attraper le prix. C’est la partie la plus difficile du jeu, car elle exige de chacun calme, adresse et parfaite coordination. Ils perdent s’ils laissent tomber le prix. Les spectateurs retiennent tout autant leur souffle, espérant que le couple remportera cette récompense après de longs jours d’entraînement. À noter : ce jeu de balançoire n’est pas recommandé aux personnes sujettes au vertige !
Participez donc au jeu une fois : vous verrez combien il est passionnant…
