Les Vietnamiens attachent beaucoup d’importance à la modestie, à l’humilité et à l’harmonie dans leurs relations avec les autres. Soucieux d’éviter les conflits, ils préfèrent souvent aborder les sujets sensibles de manière indirecte. Traditionnellement, le nom de famille est placé en premier, suivi du deuxième prénom, puis du prénom usuel. Les membres d’une même famille portent des prénoms différents — ceux-ci ne se transmettent pas d’une génération à l’autre — et chaque prénom possède une signification particulière. Certains peuvent être portés aussi bien par des hommes que par des femmes.
La culture vietnamienne accorde une grande importance au statut social, notamment lié à l’âge et au niveau d’études. Les Vietnamiens semblent parfois répondre “oui” (dạ) à toutes les questions. Pourtant, ce mot constitue surtout une marque de politesse et peut signifier “Oui, je vous écoute”, “Oui, je suis un peu perdu” ou encore “Oui, je ne veux pas vous offenser”. “Thưa” (une formule de politesse) se place devant le prénom pour témoigner du respect.
Pour s’adresser à quelqu’un dans un contexte formel, les Vietnamiens emploient généralement “Monsieur”, “Madame” ou un titre suivi du prénom. Traditionnellement, ils se saluent en joignant les mains et en inclinant légèrement la tête. Dans les grandes villes, certains hommes ont toutefois adopté l’habitude occidentale de se serrer la main. Il arrive aussi que des hommes se tiennent par la main en public pour exprimer leur amitié. Les embrassades restent néanmoins réservées aux proches. Il est plus rare de voir une Vietnamienne serrer la main d’une autre personne, notamment d’un homme.
Les marques de respect
1. Le respect
Le respect est l’un des fondements des relations humaines dans la société vietnamienne. Il s’exprime généralement par des termes d’adresse particuliers et certaines tournures de langage, mais aussi par le comportement non verbal. Ainsi, un élève vietnamien qui reste silencieux et écoute attentivement son professeur cherche à lui témoigner son respect. Ce comportement a parfois été interprété à tort par des enseignants américains comme un signe de passivité ou de manque de réaction.
C’est également par respect qu’un élève vietnamien peut éviter le contact visuel avec son professeur lorsqu’il lui parle ou l’écoute. Selon les codes américains, cette attitude pourrait paraître suspecte, peu fiable ou malicieuse. Dans la culture vietnamienne, en revanche, regarder quelqu’un droit dans les yeux peut être perçu comme une provocation ou l’expression d’une émotion très intense.
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2. Le sourire
Le sourire, parfois énigmatique aux yeux d’un observateur américain, constitue un autre signe non verbal de respect dans la culture vietnamienne. Pour exprimer certains sentiments, les Vietnamiens privilégient la communication non verbale, tandis que les Américains ont davantage tendance à recourir aux mots. Un sourire peut ainsi servir à présenter des excuses pour un léger manquement, comme un retard en cours, ou à exprimer son embarras après une maladresse sans gravité. Pour les Vietnamiens, il représente une réponse appropriée dans de nombreuses situations où les mots ne sont ni nécessaires ni adaptés. Il peut remplacer “Je suis désolé”, “Merci” ou “Bonjour !”, mais aussi un “oui” trop spontané qui pourrait donner l’impression d’un enthousiasme excessif.
De même, un professeur ne remercie généralement pas ses élèves pour un petit service, comme fermer une fenêtre ou distribuer des livres : un sourire suffit. La personne qui formule un compliment ne s’attend pas non plus forcément à recevoir un “merci”. Dans la culture vietnamienne, remercier verbalement dans cette situation pourrait être interprété comme un manque de modestie de la part de la personne complimentée. Un sourire ou un léger rougissement constitue alors une réponse plus appropriée. Si une réponse verbale est nécessaire, la personne aura plutôt tendance à minimiser le compliment en affirmant qu’elle ne le mérite pas. Ces différences culturelles dans la manière d’exprimer la reconnaissance ou de présenter des excuses peuvent naturellement entraîner des malentendus.
3. Le récit oral
Les Vietnamiens sont souvent d’excellents conteurs et aiment manier la parole avec humour. Lorsqu’ils se retrouvent, ils parlent volontiers de leurs voisins et de leurs amis pour se divertir. Au Vietnam, de nombreux sujets considérés comme personnels ou confidentiels dans les pays occidentaux peuvent être abordés ouvertement. Lors d’une première rencontre, il est ainsi courant d’entendre des questions comme :
— Quel âge avez-vous ? (Cette information est nécessaire pour choisir les pronoms et termes d’adresse appropriés en vietnamien.)
— Êtes-vous marié(e) ?
— Avez-vous des enfants ? Pourquoi pas ? Votre femme a-t-elle un problème ?
— Combien gagnez-vous ?
Les Vietnamiens s’intéressent également beaucoup aux endroits où vous êtes allé, aux personnes que vous avez rencontrées et à ce que vous avez fait. Les nouvelles circulent donc très rapidement, même si leur exactitude n’est pas toujours la priorité de la personne qui les raconte.
La société vietnamienne accordant une grande importance à la stabilité des liens sociaux, les relations peuvent devenir extrêmement étroites. Les Vietnamiens sont profondément attachés aux sentiments et aux liens affectifs, non seulement dans leurs relations amoureuses, mais aussi envers leur famille élargie, leurs ancêtres, leur village d’origine et leur pays.
Ce guide vous aidera à adopter les gestes et les marques de politesse appropriés lorsque vous échangez avec des Vietnamiens. Voici un résumé des principaux comportements non verbaux et de leur signification dans la culture vietnamienne.
| Expression non verbale | Signification dans la culture vietnamienne |
| Hochement de tête | Salutation ; réponse affirmative ; accord |
| Mouvement de tête de gauche à droite | Réponse négative ; désaccord |
| Inclinaison du buste ou de la tête | Salutation ; profond respect |
| Toucher la tête d’un enfant | Geste peu apprécié, mais pas offensant |
| Éviter le contact visuel | Marque de respect envers une personne plus âgée, d’un statut supérieur ou du sexe opposé |
| Clin d’œil | Geste mal accepté, surtout lorsqu’il s’adresse à une personne du sexe opposé |
| Froncement de sourcils | Frustration, colère ou inquiétude |
| Moue | Mépris |
| Sourire | Accord ; embarras ; incrédulité ; léger désaccord ; reconnaissance ; excuses |
