Culture & arts
Personnalisez votre voyage
🌐 Français
Avez-vous déjà écouté

Avez-vous déjà écouté du “Nhac Tien Chien” (musique vietnamienne d’avant-guerre) ?

Rachel Tran Rachel Tran | Mis à jour le 6 février 2020

“Dehors, sur la véranda, la pluie d’automne tombe doucement. Le ciel sombre s’apaise, les nuages suspendus se dispersent. Dans le souffle étouffé du vent qui traverse la pluie d’automne, qui pleure ? Qui se lamente ?…” Ces paroles magnifiques sont tirées d’une célèbre chanson de “Nhac tien chien” composée par Dang The Phong, “Autumn Rain Drops” (“Giot Mua Thu” en vietnamien). Elles éveillent en nous une profonde nostalgie

Signification et histoire de la musique vietnamienne d’avant-guerre

L’appellation “Nhac tien chien” (musique vietnamienne d’avant-guerre) tire son origine de “Tho tien chien” (poésie d’avant-guerre), un genre devenu très populaire dans le Sud-Vietnam après 1954. La “guerre” désigne ici les neuf années de conflit contre la colonisation française, de 1945 à 1954. Bien que les historiens de la musique vietnamienne situent généralement la fin de la période “tien chien” en 1946 ou 1947, lors de la reprise des hostilités avec la France, certaines chansons rattachées à ce genre ont été composées jusqu’en 1954. Si elles continuaient à rencontrer un public fervent dans le Sud, les chansons de “nhac tien chien”, sans être formellement interdites, ont disparu des scènes et des ondes du Nord-Vietnam entre 1954 et les années 1980. C’est dans ce contexte qu’est né le “nhac tien chien”.

Ces chansons restent très appréciées des Vietnamiens, au Vietnam comme à l’étranger, en particulier par les générations les plus âgées. Elles sont régulièrement interprétées dans la salle de concert du Hoi Nhac Si Viet Nam (Association vietnamienne des musiciens), à Hanoï, sous l’appellation “nhac tru tinh”, ou musique lyrique. Lorsqu’en 1994 cette association a organisé un festival célébrant 50 ans de chanson vietnamienne, elles y occupaient une place importante.

Histoire de la musique vietnamienne d’avant-guerre

Les chansons de “Nhac tien chien” sont empreintes de nostalgie : celle, peut-être, d’une époque où le Vietnam était encore uni, avant près de 20 années de guerre civile. Après 1954, le pays fut divisé entre deux régimes très différents : au Nord, le régime communiste du Nord-Vietnam et, au Sud, la République du Vietnam. À cette époque, certains compositeurs de “tien chien” partirent pour le Sud, tandis que d’autres restèrent dans le Nord. La plupart de ceux qui demeurèrent au Nord cessèrent de composer ou se conformèrent aux directives du régime, écrivant des chansons destinées à mobiliser la population et à soutenir la révolution. Dans le Sud, les compositeurs continuèrent à créer des chansons romantiques. Depuis la victoire du Nord et la réunification du Vietnam en 1975, la culture du pays demeure partagée entre les communautés vivant au Vietnam et celles établies à l’étranger. Le régime communiste ayant interdit presque toutes les œuvres musicales et littéraires d’inspiration romantique ou sentimentale, nombre de créateurs vietnamiens quittèrent le pays en 1975 pour s’installer en Occident, notamment aux États-Unis, en Australie et en France. Malgré les différences qui persistent encore entre ces deux communautés, le “nhac tien chien” reste l’un des rares genres de chanson populaire à être interprété aussi bien sur les scènes du Vietnam qu’au sein de la diaspora.

La musique vietnamienne de cette période a connu de nombreux courants : chants patriotiques, chansons du mouvement scout “huong dao”, chansons joyeuses, chants populaires, etc. Mais le courant qui a le mieux traversé le temps reste celui de la chanson d’amour. Il a vu s’illustrer de grands compositeurs tels que Văn Cao, Phạm Duy et Lê Thương, et a donné naissance à des œuvres romantiques devenues intemporelles. Parmi les plus célèbres figurent Em đến thăm anh một chiều mưa (“Je viens te voir par un après-midi pluvieux”) de To Vu ; Gửi gió cho mây ngàn (“Confier au vent les nuages lointains”), Thu quyến rũ (“Automne envoûtant”) et Lá đổ muôn chiều (“Les feuilles tombent au fil des après-midi”) de Doan Chuan ; Dư âm (“Résonance”) de Nguyen Van Ty ; Cô láng giềng (“La voisine”) de Hoang Quy ; Thuyền và biển (“Le bateau et la mer”) de Phan Huynh Dieu ; ainsi que Giọt mưa thu (“Goutte de pluie d’automne”) et Con thuyền không bến (“Le bateau sans port d’attache”) de Dang The Phong.

Le “Nhac tien chien” est considéré comme l’une des sources de la musique populaire vietnamienne. Harmonieuses, sentimentales et mélancoliques, nombre de ses chansons romantiques sont aujourd’hui tenues pour de véritables trésors nationaux et restent largement interprétées…

Partager :
Ga-T3-Tan-Son-Nhat-1.jpg

Comment économiser davantage de temps et d’argent à votre arrivée au Vietnam ?

Les longues files d’attente, les démarches complexes et les taxis peu fiables peuvent gâcher votre première impression.

NOTRE FORMULE VIETNAM

Où souhaitez-vous aller ?