Le Klong put est le nom donné en langue xe dang à un instrument de la famille des instruments à vent, dont le son est produit par de l’air propulsé. Il est joué par plusieurs groupes ethniques du Tay Nguyen (hauts plateaux du Centre), notamment les Xe Dang, les Bahnar, les Gia Rai et les Hre. Un Klong put traditionnel se compose de plusieurs gros tubes de bambou creux et sans nœuds. Chaque tube mesure entre 60 et 200 cm de long, pour un diamètre de 5 à 8 cm.
Qu’est-ce que le Klong Put ?
Cet instrument à vent est traditionnellement joué par les femmes. Les tubes sont disposés à l’horizontale, tandis que la musicienne se tient penchée ou à genoux. Elle frappe alors ses mains l’une contre l’autre à environ 10 cm de l’ouverture afin de propulser de l’air dans les tubes et de produire des sons. En général, chaque tube n’émet qu’une seule note. Certains groupes ethniques bouchent toutefois une extrémité du tube avec la main pour obtenir différentes hauteurs de son. Grâce à cette technique, un Klong put composé de deux tubes peut produire quatre ou cinq notes. L’instrument peut également être joué simultanément par deux jeunes femmes.
La signification du Klong Put dans la culture vietnamienne
Les minorités ethniques jouent souvent du Klong put dans les champs sur brûlis au moment de planter le riz, ainsi que le jour où les greniers à riz sont refermés. Selon une croyance traditionnelle, les tubes de bambou sans nœuds ou de bambou ordinaire qui composent l’instrument seraient liés aux récipients servant à conserver les semences. Ce rapprochement s’expliquerait par le fait qu’ils produisent des sons similaires lorsque de l’air y est insufflé. Les semences abriteraient l’esprit de “Mère Riz”. Ainsi, lorsque le Klong put résonne dans les champs pendant les plantations, “Mère Riz” viendrait favoriser une croissance rapide du riz. Joué le jour de la fermeture des greniers, il l’inviterait à y passer tout l’hiver. À la saison suivante, elle accompagnerait alors les semences jusqu’aux champs.
