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Dans son ouvrage intitulé Dại Nam Quoc Am Tu Vi, Huynh Tinh Cua explique ainsi l’origine du nom Sai Gon : “Sai” signifie bois de chauffage, tandis que “Gon” est le nom donné au kapokier dans le sud du Vietnam. Dans le nord du pays, cet arbre est également appelé “bong gao”. Le kapok, fibre provenant du kapokier, servait autrefois à rembourrer les coussins et les matelas. Ainsi, Sai Gon signifierait “bois de kapokier”. Mais d’autres explications existent. Sai Gon désignait autrefois la localité aujourd’hui appelée Cholon, tandis que l’actuel Saïgon correspondait alors à Ben Nghe. Sai Gon faisait par ailleurs partie de la province de Gia Dinh.

Saïgon autrefois : l'origine de son nom

Cette définition indique que l’ancien nom Sai Gon désignait l’actuel quartier de Cholon, tandis que le lieu aujourd’hui appelé Saïgon portait autrefois le nom de Ben Thanh. Cette hypothèse fut corroborée par deux Anglais, Crawford et Finlayson, qui se rendirent au Vietnam en 1922. D’après leur récit, Sai Gon et Ben Nghe étaient deux villes distinctes, séparées d’un ou deux miles. Ben Nghe constituait le centre administratif et militaire, tandis que Sai Gon, où vivaient les communautés chinoises et les commerçants, était le cœur des échanges commerciaux (selon le Bulletin de la Société des études indochinoises, volume 2, 1945). En 1861, à la suite de l’arrivée de l’armée française, trois provinces de la Cochinchine orientale furent occupées. Les Français employèrent alors le nom Sai Gon pour désigner Ben Nghe, centre administratif de l’époque, car ce dernier leur semblait difficile à prononcer. Les Vietnamiens durent adopter cette appellation, tandis que le Sai Gon d’alors prit le nom de Cholon. Pour mieux comprendre l’origine du nom Sai Gon, il faut donc s’intéresser aux peuples qui ont vécu sur ces terres depuis des millénaires.

Saïgon, aujourd’hui Hô Chi Minh-Ville

Les premières traces de peuplement remontent au Fou-nan antique. Selon les chroniques chinoises, ce royaume englobait la Cochinchine, appelée Tchen d’eau, ainsi qu’une partie du Siam, appelée Tchen de terre. À cette époque, le Tchen d’eau était une région forestière et marécageuse ; Sai Gon n’existait pas encore. Après le Fou-nan, les Khmers s’installèrent dans la région et vécurent des fruits et des ressources de la forêt. Le Tchen d’eau restait alors largement boisé. Les Khmers lui donnèrent deux noms : Prie Kor et Prie Nokor.

Selon M. Le Van Phat, Prie Kor signifie “forêt de kapokiers”. Il précisait également que les Laotiens, dont la langue est proche de celle des Siamois, appelaient Prie Kor “Cai Ngon”, c’est-à-dire “forêt de kapokiers thaïlandais”. Mais pourquoi le nom de cette région serait-il lié aux langues lao et thaïe ? D’après les documents historiques, le Cambodge était sérieusement menacé par le Siam, l’actuelle Thaïlande, au début du 17e siècle. En 1620, afin d’obtenir le soutien militaire du Vietnam contre le Siam, le roi Chey Ghetta épousa la princesse Ngoc Van, fille du dignitaire Nguyen Phuc Nguyen. En 1623, un émissaire du seigneur Nguyen se rendit sur place afin de demander l’autorisation d’établir des postes de collecte des taxes à Prie Kor et Kas Krobey. Après avoir obtenu cet accord, le seigneur Nguyen imposa plusieurs produits, dont le kapok. Il semble cependant que des commerçants siamois étaient déjà présents avant son arrivée. Le kapok étant abondant dans la région, ils en achetaient pour le rapporter dans leur pays. C’est probablement pourquoi ils donnèrent à Prie Kor le nom de “forêt de kapokiers”. Pour communiquer avec ces marchands, les mandarins vietnamiens auraient ensuite repris cette appellation, plutôt que de transcrire ou de traduire Prie Kor. Toutefois, dans son livre “Sai Gon of the last years”, Vuong Hong Sen indique que le mot khmer “Kor” peut signifier aussi bien “kapok” que “bœuf”. Il reste donc difficile de déterminer si Prie Kor désignait une forêt de kapokiers ou une forêt aux bœufs.

Concernant Prie Nokor, M. Étienne Aymonier explique que “Nokor” signifie “pays” et que Prie Nokor désignerait la “forêt du roi”. Selon le père Tandart, en revanche, Nokor viendrait du sanskrit et signifierait “ville forestière” ou “ville au milieu de la forêt”. Autrement dit, Prie Nokor ferait référence à une ville. Dans un document consacré à Prie Nokor, le scientifique français Loui Mallerett avance par ailleurs que le nom Sai Gon viendrait de l’expression Tay gon, qui signifie “service de l’Ouest” en sino-vietnamien. Pour étayer cette hypothèse, Loui Mallerett s’appuie sur un événement historique relaté par Trinh Hoai Duc. À cette époque, le Cambodge était divisé en deux territoires gouvernés par deux rois. Tous deux servaient le seigneur Nguyen à Prie Nokor, ancienne capitale du 2e roi à partir de 1674, tandis que le 1er roi résidait à Uudong, au nord de Phnom Penh.

Concernant Prie Nokor, M. Étienne Aymonier explique que “Nokor” signifie “pays” et que Prie Nokor désignerait la “forêt du roi”. Selon le père Tandart, en revanche, Nokor viendrait du sanskrit et signifierait “ville forestière” ou “ville au milieu de la forêt”. Autrement dit, Prie Nokor ferait référence à une ville. Dans un document consacré à Prie Nokor, le scientifique français Loui Mallerett avance par ailleurs que le nom Sai Gon viendrait de l’expression Tay gon, qui signifie “service de l’Ouest” en sino-vietnamien. Pour étayer cette hypothèse, Loui Mallerett s’appuie sur un événement historique relaté par Trinh Hoai Duc. À cette époque, le Cambodge était divisé en deux territoires gouvernés par deux rois. Tous deux servaient le seigneur Nguyen à Prie Nokor, ancienne capitale du 2e roi à partir de 1674, tandis que le 1er roi résidait à Uudong, au nord de Phnom Penh.

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