Fort de plus de 400 ans d’histoire, le pont couvert japonais, également appelé pagode Cau ou Chùa Cầu, est aujourd’hui considéré comme l’un des monuments les plus emblématiques de la vieille ville de Hoi An. Édifié par la communauté japonaise au XVIIe siècle, il attire désormais des milliers de visiteurs venus du monde entier grâce à son charme singulier et à son architecture remarquable. Lors de votre découverte de la vieille ville de Hoi An, ne manquez surtout pas de vous y arrêter.
Horaires d’ouverture : 24 h/24, tous les jours (les horaires peuvent différer le soir de Noël)
Billet d’entrée : l’accès au pont couvert japonais et aux autres monuments est inclus dans le billet de visite de la vieille ville
Visiteurs vietnamiens : 80.000 VND / personne
Visiteurs internationaux : 150.00 VND / personne
I. Histoire du pont couvert japonais
La longue et fascinante histoire du pont couvert japonais compte parmi les raisons pour lesquelles il attire des voyageurs du monde entier dans la vieille ville de Hoi An. La pagode Cau (Chùa Cầu) fut édifiée par des marchands japonais au XVIIe siècle. Les dates exactes du début et de la fin des travaux demeurent inconnues, mais plusieurs recherches permettent d’estimer la période de sa construction.
Selon le chercheur vietnamien Vu Duc Tan, dans un article publié par Vietnam Magazine, ainsi qu’un auteur étranger de The Asian Wall Street Journal, la construction du pont couvert japonais aurait été achevée en 1593. Dans les archives anciennes vietnamiennes, la première mention du pont remonte à 1617. Nous pouvons donc affirmer qu’il se dressait déjà dans le port marchand de Hoi An à cette date.
Construit par les Japonais, l’ouvrage fut naturellement surnommé “pont japonais”. Selon une ancienne croyance, il aurait représenté une épée magique destinée à maîtriser Namazu, un monstre japonais aussi effrayant que dangereux. La créature aurait été si gigantesque que sa tête se trouvait en Inde, son corps au Vietnam et sa queue au Japon. Le pont, tel une “épée”, l’aurait empêchée de se tortiller et de provoquer de terribles tremblements de terre.
Les anciens habitants de Hoi An pensaient également que des monstres et des kappas vivaient sous le pont. En 1653, les communautés vietnamienne et chinoise édifièrent donc un temple pour les maîtriser, relié au couloir nord du pont. Aujourd’hui, votre visite vous permet ainsi de découvrir à la fois le pont et le sanctuaire adjacent. L’ensemble est devenu un symbole des liens culturels entre le Vietnam, le Japon et la Chine.
Mais pourquoi le pont couvert japonais fut-il construit à l’origine ? À l’époque des seigneurs Nguyen, des communautés étrangères, notamment chinoises et japonaises, furent accueillies au Vietnam. Elles s’installèrent paisiblement dans la vieille ville de Hoi An, où elles échangeaient des marchandises et vivaient du commerce : c’est dans ce contexte que le pont vit le jour. En 1633, le gouvernement japonais mit toutefois fin aux relations commerciales avec l’étranger. Les Japonais établis à Hoi An durent alors regagner leur pays, le dernier d’entre eux quittant la ville en 1637. Depuis cette époque, le pont est placé sous la gestion des Vietnamiens de Hoi An.
Aujourd’hui, le pont couvert japonais et son temple constituent l’un des principaux sites touristiques de la vieille ville de Hoi An. Le 17 février 1990, l’ensemble fut classé “monument historique et culturel national”.
II. Les restaurations du pont couvert japonais
Depuis sa construction, le pont couvert japonais a fait l’objet de 7 grandes restaurations, en 1763, 1815, 1875, 1917, 1962, 1986 et 1996. Des interventions plus modestes ont également été réalisées sur la toiture, le plancher et les piliers du monument. Plus récemment, le Comité populaire de la province de Quang Nam a autorisé Hoi An à entreprendre une nouvelle campagne de restauration.
La première restauration, menée en 1763, fut organisée par les responsables de la commune de Minh Huong, qui correspondait alors au village de Hoi An. 52 ans plus tard, en 1815, les habitants de Minh Huong réparèrent et consolidèrent une nouvelle fois le pont couvert japonais.
En 1875, les habitants de Minh Huong entreprirent une troisième restauration du pont, cette fois avec la participation de marchands installés à proximité.
Sous la période coloniale française, les Vietnamiens procédèrent à de nouveaux travaux. En 1915 notamment, Lesterlin Galtier, chef de mission français, consacra une partie de ses fonds à la restauration du pont couvert japonais. Les noms d’autres donateurs ayant contribué aux travaux de 1917 furent gravés sur des stèles, encore visibles aujourd’hui dans le monument.
En 1962, environ 45 ans plus tard, le pont couvert japonais fut de nouveau restauré, cette fois à l’initiative des autorités provinciales de Quang Nam. Certaines parties de l’édifice étaient alors endommagées ou atteintes par la pourriture.
Les deux dernières restaurations, menées en 1986 et 1996, furent aussi les plus importantes. Celle de 1986 se déroula d’août à octobre sous la direction du ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme et du Comité populaire de Hoi An. C’est à cette occasion que la toiture et le plancher furent restaurés pour prendre l’aspect que vous pouvez observer aujourd’hui.
III. Pourquoi le pont couvert japonais est-il si particulier ?
1. Une histoire au carrefour de plusieurs cultures
Bien qu’il se trouve à Hoi An, au Vietnam, le pont couvert japonais forme un ensemble où s’entremêlent harmonieusement les cultures vietnamienne, japonaise et chinoise. Le pont fut construit par les Japonais, tandis que le temple évoqué précédemment est l’œuvre des communautés vietnamienne et chinoise.
Destiné, selon la légende, à maîtriser le monstre Namazu, le pont aurait protégé le Vietnam, le Japon et l’Inde contre les catastrophes naturelles. Il aurait ainsi contribué, au moins sur le plan spirituel, à améliorer la vie des populations de ces trois pays.
En 1719, le seigneur Nguyen Phuc Chu visita le pont couvert japonais et fut séduit par sa beauté majestueuse. Il lui donna alors le nom de “Lai Vien”, qui signifie “venu de loin”, dans l’espoir que l’ouvrage attirerait des visiteurs du monde entier. Plusieurs siècles plus tard, ce vœu s’est incontestablement réalisé.
À l’époque où le pont couvert japonais fut achevé, la vieille ville de Hoi An était un port marchand animé et cosmopolite. Des négociants et voyageurs venus de toute l’Asie orientale, et pas seulement du Japon et de Chine, y échangeaient des marchandises, des connaissances et des coutumes. Ce brassage explique la richesse des influences culturelles et des traditions orientales qui imprègnent encore aujourd’hui le monument.
Depuis sa construction, le pont couvert japonais est devenu un symbole culturel majeur de l’Asie orientale, ainsi qu’un véritable emblème de l’architecture de Hoi An.
2. Deux parties distinctes : le pont et le temple
Malgré son nom, ce monument national se compose de deux parties bien distinctes : le pont et le temple.
Le pont fut construit en premier, puis le temple lui fut ajouté environ 60 ans plus tard. C’est pourquoi l’ensemble porte en vietnamien le nom de “Chùa Cầu” : “Chùa” signifie “pagode” ou “temple”, et “Cầu”, “pont”. Sur place, prenez le temps de découvrir ces deux parties complémentaires.
Le pont couvert japonais enjambe un bras de la rivière Thu Bon à Hoi An, tandis que le temple se trouve sur son côté nord. La visite de ces deux édifices vous permettra de mieux comprendre toute la richesse historique et spirituelle du site.
3. Un temple qui n’est pas consacré à Bouddha
Alors que la plupart des temples et pagodes du Vietnam sont consacrés à Bouddha, le pont couvert japonais et son sanctuaire honorent Bac De Tran Vo. Selon les croyances locales, cette divinité veille sur le bonheur, la prospérité et la santé des habitants de Hoi An, afin de leur assurer une vie paisible et harmonieuse.
Bac De Tran Vo incarne ainsi la sérénité et la protection. Au-delà de son importance historique et culturelle, le pont couvert japonais est donc également un lieu spirituel très apprécié.
Autre fait remarquable : le monument figure sur un billet officiel de la monnaie vietnamienne, celui de 20.000 dongs. Une présence qui témoigne de la place particulière qu’occupe le pont couvert japonais dans le patrimoine du pays.
4. Une architecture remarquable
Les premiers détails qui attirent le regard sont les nombreux motifs délicatement sculptés sur la toiture et les colonnes en bois. Parmi eux, le dragon se distingue tout particulièrement : typiquement vietnamien, il intègre aussi de subtiles influences japonaises. Avec les couleurs douces mais expressives de ses parois, le pont couvert japonais mérite pleinement sa place parmi les monuments historiques les plus remarquables de la vieille ville de Hoi An.
Le choix des matériaux contribue également au charme du monument. Le pont comme le temple sont essentiellement construits en bois, ce qui leur confère une beauté ancienne, sobre et élégante. Leur emplacement au-dessus de l’eau rend en outre l’intérieur particulièrement frais et aéré.
Bien qu’il ait été bâti par les Japonais et présente plusieurs caractéristiques de leur culture, le pont couvert japonais comporte aussi des éléments vietnamiens. À chacune de ses extrémités se trouve une statue animale : un singe d’un côté et un chien de l’autre. Dans la culture japonaise, ces animaux sacrés symbolisent la protection et la sécurité. Selon une autre interprétation, ils rappelleraient que la construction du pont commença pendant l’année du Singe et s’acheva pendant l’année du Chien.
Le pont couvert japonais séduit également par son élégante toiture incurvée, qui couvre toute la longueur de l’ouvrage. Celle-ci est ornée de motifs du yin et du yang, caractéristiques de la culture et de l’architecture vietnamiennes.
De petits couloirs bordent chaque côté du pont, avec des bancs où vous pouvez vous asseoir et faire une pause. Une fine cloison en bois sépare le temple du passage couvert.
Des matériaux à la structure, en passant par les motifs sculptés et les ornements, chaque détail du pont couvert japonais témoigne des cultures vietnamienne, japonaise et plus largement asiatique. Beaucoup le considèrent ainsi comme une remarquable synthèse des architectures orientales.
La vieille ville de Hoi An compte parmi les destinations les plus fascinantes du centre du Vietnam. Elle doit sa renommée à sa culture foisonnante et à ses nombreux monuments historiques, parmi lesquels le pont couvert japonais occupe une place privilégiée. En plus de 400 ans d’existence, celui-ci est devenu le véritable cœur de Hoi An.
Lors de votre visite de la vieille ville, ne manquez pas le pont couvert japonais, symbole incontournable de Hoi An. Sa découverte vous offrira un bel aperçu de l’architecture orientale et de l’histoire particulièrement riche du Vietnam. Avec son charme, ses légendes et son cadre unique, ce monument vous laissera à coup sûr un souvenir mémorable.
